Atlas des paysages
du Loir-et-Cher
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Accueil » Evolution, enjeux et orientations » Les enjeux, orientations et recommandations » 1/ Construire autrement

1/ Construire autrement


Le constat issu des dynamiques d'évolution observées :
  • Des sites bâtis précis hérités de l'histoire et de la géographie
  • Des extensions globalement déconnectées de leur contexte, offrant un visage peu qualitatif et standardisé, ne favorisant pas la qualité du cadre de vie quotidien
Les objectifs :
  • Gérer l'espace de la croissance urbaine de façon économe
  • Lutter contre la banalité des paysages bâtis
  • Prendre en compte le contexte géographique (topographie, ensoleillement, type de milieu, relations aux centralités bâties…) et culturel dans les démarches d'extension urbaine et de construction
  • Accorder le développement urbain aux espaces de nature
  • Développer la créativité urbaine et architecturale

Les principes d'actions possibles :

1 . Construire en favorisant l’économie de l’espace :

  • Stopper l'urbanisation linéaire le long des routes, tout particulièrement sensible dans les trois grandes vallées et en Sologne viticole
  • Identifier, préserver et qualifier les espaces non bâtis proches de l'urbanisation (agriculture urbaine), lutter contre l'urbanisation diffuse
  • Conforter les centralités (voir action ci-dessous)
  • Eviter l'enclavement de surfaces agricoles par l'urbanisation

2 . Identifier les sites bâtis et s'inscrire dans leur logique

Maray, implanté sur une pente des coteaux du Cher, et regroupé autour d’un noyau urbain resserré     Trôo

Chaumont-sur-Loire
  • Alimenter les choix de constructibilité des terrains par une étude paysagère des sites bâtis : logiques d'implantation du bâti dans le paysage (relation à la pente, à l'exposition, à la route, au végétal, au bâti déjà existant…) en cherchant à économiser l'espace et à conforter les centralités ; réalisation de simulations d'implantations en intégrant l'économie du foncier
  • Pour tout projet d'aménagement ou de construction, faire appel à des concepteurs hommes de l'art (architectes, paysagistes, urbanistes)
  • Promouvoir la réalisation d'opérations exemplaires en suscitant et soutenant des projets innovants en matière d'urbanisme

Beau site troglodytique de Montrieux, près de Vendôme
  • Pour les sites troglodytiques, développer des plans et chartes architecturales et paysagères spécifiques,

Verdes, mise en valeur du village par les pâtures en premier plan
  • Préserver les espaces ouverts agricoles ou naturels qui valorisent le territoire et sont vecteurs d’ouvertures visuelles et d’attractivité pour les habitants
  • Associer aux réflexions de programmation et de réalisation les différents acteurs et décisionnaires, et ceci en amont des projets
  • Considérer les coteaux comme des espaces rares et précieux, en les gérant de façon économe, « en bon père de famille » :
  • ils correspondent aux rares terres constructibles dans les vallées, les fonds plats étant inondables et d'avantage propices à l'agriculture ;
  • ils offrent des milieux naturels riches : biotopes secs, à la faune et à la flore spécifiques, contigus avec les milieux humides de fond de vallée ;
  • ils représentent des vitrines du territoire, largement visibles par leur « redressement », formant les horizons et toiles de fond de la vallée ;
  •  ils constituent des balcons privilégiés, d’où l’on embrasse largement le paysage.

Jardin en entrée de villages, Céllé
  • Identifier et préserver les espaces jardinés tels les potagers, vergers ou jardins de berges, avec leurs murs et murets associés, en ne construisant pas systématiquement tous les espaces ouverts à l’intérieur du tissu urbain. Ces espaces seront inscrits dans les « corridors écologiques » et « trames vertes et bleues », et pourront avoir aussi une vocation de loisir, de coulées vertes, etc. Les faire apparaître sur les documents d’urbanisme.

3 . Conforter les centralités existantes

  • Développer l'attractivité des centralités constituées : tissu bâti ancien adapté aux besoins contemporains, présence des commerces et des services, offre de logements diversifiés, aménagement d'espaces publics attractifs (voir action ci-dessous)
  • Permettre aux espaces urbanisés de se renouveler sur eux-mêmes : mutabilité du foncier, incitation à la construction des espaces délaissés proches des centres, à la division des grandes parcelles, à la résorption des friches bâties, au rehaussement des constructions basses existantes, à la création d'espaces privatifs de respiration (jardins, cours, terrasses..)

Schéma de principe de création de nouveaux quartier en lien avec les centralités existantes - état initial et contre-exemple     Schéma de principe de création de nouveaux quartier en lien avec les centralités existantes : proposition d'aménagement
  • Positionner et concevoir les lotissements et nouveaux quartiers dans la  continuité des centralités constituées et accessibles à pied par des circulations douces
  • Anticiper sur les transformations du tissu bâti en développant des trames viaires continues facilitant les échanges sociaux et le dynamisme économique

Gare de  Droué     Gare de Mondoubleau

Gare de Montoire-sur-le Loir
  • Requalifier les abords des gares, terrains potentiels d’une modernité urbaine renouvelée dans les villes et les villages
  • Favoriser l'ouverture ou la réouverture de petites lignes locales pour redynamiser les villages

4 . Aménager des transitions plantées entre les espaces bâtis et les espaces non bâtis : les lisières agro-urbaines

Sambin



  • Créer des lisières agro-urbaines autour des villes et villages existants et à l'occasion de nouvelles extensions : espaces plantés entre villes/villages et grandes cultures, pouvant accueillir selon les cas des circulations douces arborées, des voies de desserte locale, des vergers et des jardins familiaux, des bassins de rétention accessibles, des prairies de jeux, des haies bocagères (arbres ou arbustes à fruits, espèces indigènes majoritaires, favorables à la richesse de l'avifaune et adaptées au contexte), des chemins de desserte des parcelles, des mails publics, etc. Ces espaces ont à la fois pour but de proposer des espaces de détente et de loisir, de limiter les conflits occasionnés par les activités agricoles à proximité des habitations (dérangement par le bruit, nocivité des traitement des cultures...), de permettre aux agriculteurs de travailler dans de meilleures conditions, de gérer dans l'espace et dans le temps les extensions successives du bâti, d'offrir des espaces de vie plus confortables pour les habitants (protection contre le vent)… Les effets positifs sont à la fois sanitaires, écologiques, environnementaux et sociaux.

  • Adapter les dispositions d'urbanisme pour les secteurs construits ou constructibles au contact des lisières agro-urbaines définies : adaptation des densités, des formes parcellaires, des programmes d'aménagements, etc.


5 . Promouvoir une architecture et un urbanisme contemporains de qualité :

Architecture contemporaine individuelle     Architecture contemporaine collective

    Architecture contemporaine d’activités
  • Initier des projets d'architecture et d'urbanisme contemporains exemplaires dans le cadre de commandes publiques
  • Faire une place au développement durable et aux énergies renouvelables dans l'architecture :
    • En adaptant les documents d'urbanisme
    • En définissant les secteurs plus ou moins propices à leur développement
    • En définissant les conditions d'implantation des équipements
    • A partir d'études spécifiques menées par des hommes de l'art (architectes…)
  • Développer une architecture contemporaine alimentant la richesse des matériaux et des couleurs du département
  • Travailler l'inscription des constructions contemporaines par l'implantation, les volumes et les couleurs
  • Favoriser le développement de filières de construction bois, notamment pour la Sologne et le Perche
  • Favoriser le développement et le maintien de filières de production de matériaux locaux (bois, brique, tuffeau, calcaire de Pontijou, roussard de Sargé-sur-Braye…)

6 . Valoriser l’espace public

Large place faite au végétal
-
  • Mener des réflexions à l’échelle des villes et des villages sur la place et la nature du végétal, menées par des hommes de l’art (paysagistes …) ; décliner le projet pour les espaces publics, leur gestion (notamment environnementale) et pour les limites d’espaces privatifs (clôtures)

Limites d’urbanisation adoucies par l’emploi d’une végétation indigène
  • En milieu rural, privilégier les essences indigènes pour s’inscrire de façon adaptée au cadre et éviter les plantations monospécifiques et persistantes (type thuya)
  • Promouvoir les filières de production d’essences végétales indigènes
  • Dans les opérations d’aménagement, maîtriser les plantations et les clôtures en limite d’espace public et d’espace privé

Entrée de village soignée, bien délimitée par une lisière arborée     Sortie de village adoucie par des enherbements et des plantations
  • Soigner l’aménagement des entrées de ville et de village
    • par des plantations d’arbres lorsque c'est possible, et en fonction du contexte local
    • en stoppant l’urbanisation linéaire au bord des routes d’entrées de village, ou de bourg

Espace public requalifié avec soin
  • Requalifier les places et les rues principales en menant une réflexion préalable sur la place de la voiture dans les villes et villages en privilégiant le cadre de vie et le confort à la simple fonctionnalité :
    • priorité aux piétons et aux circulations douces plutôt qu'à la circulation automobile et au stationnement
    • préservation de la souplesse des usages dans l'espace public
    • réorganisation ou « délocalisation » des espaces de stationnement
    • réfection des sols en privilégiant des matériaux naturels de qualité
    • réintroduction de l’arbre et de l’herbe dans les espaces publics où ils font défaut en privilégiant les espèces indigènes adaptées au contexte rural
    • limitation des surfaces imperméabilisées
    • gestion différenciée des espaces végétalisés et limitation de l’usage d’intrants

Espace public enherbé qui limite l’importance visuelle de la route
  • Préserver le patrimoine des espaces publics « ruraux », enherbés et arborés, aujourd’hui visibles dans de nombreux villages : trottoirs enherbés, abords des places d’église, bords de l’eau aménagés et gérés
  • Encourager la mise en valeur des façades bâties accompagnant les places publiques et les rues principales
  • Favoriser la mise en place de circulations douces
  • Enfouir les réseaux aériens

Orientation 1 : Construire autrement
Fichier joint : cartes_orientations.pdf

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Agence Folléa-Gautier, paysagistes-urbanistes
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