Atlas des paysages
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Accueil » Evolution, enjeux et orientations » Les sept valeurs paysagères clefs du Loir-et-Cher » 6/ Une image de grande nature sauvage

6/ Une image de grande nature sauvage


Une part du Loir-et-Cher porte l’image de grands espaces de nature « sauvage ». Dans un contexte européen largement et densément urbanisé, cette image est une valeur précieuse. Elle concerne en particulier deux territoires : la Grande Sologne d’une part, et la Loire dans une certaine mesure d’autre part.

La belle variété des peuplements forestiers en Sologne : ici sous-bois de châtaigniers, de bouleaux, de chênes, et de pins

Lisière forestière gérée pour la chasse, Souvigny-en-Sologne     Discrets étang de Sologne, Chaumont-sur-Tharonne
L'image sauvage de la Sologne est liée à la dimension même du massif boisé, à la prédominance de la forêt, à la diversité des essences, à l'abondance de gibier, à la chasse, à la présence des étangs, à la relative faiblesse de l'occupation humaine, avec moins de routes et moins de villages ou de bourgs que partout ailleurs.

Bois privé dont la vocation première est la chasse : le grillage est là pour maintenir les populations de gibiers et éviter l’intrusion de personnes extérieures (chasseurs ou promeneurs)     Mirador posté en lisière de forêt pour la chasse

Peuplement de châtaigniers, gérer et entretenu pour la production de bois
Il s’agit bien d’une image sauvage construite, fabriquée, artificielle, puisque les forêts sont gérées, les chasses organisées, le gibier introduit et favorisé, les étangs creusés de main d’homme. Mais cette construction du sauvage est bien une base de projet de territoire, qui lui donne du sens, produit une part de sa richesse économique et touristique, et contribue à la forte personnalité de ses paysages.

Îles végétales entres Saint-Dyé-sur-Loire et Suèvres     Île de la Loire accueillant des populations de mouettes rieuses

Paysage de grande nature sauvage à Veuves, sur les bords de Loire     Même au pied de l’amphithéâtre urbain de Blois, la Loire développe des espaces de nature, comme ici ces jeunes saules vigoureux sur un atterrissement
La Loire, dans une moindre mesure, charrie aussi une image de nature. Un peu moins domestiquée que les autres fleuves par les travaux de « canalisation » engagés sur le territoire national à partir du XIXe siècle, elle est  « le dernier fleuve sauvage d’Europe ».
Cette image sauvage positive se cristallise tout particulièrement autour des îles et des bancs de sables qui se forment et se déforment dans son lit, au gré des caprices du fleuve, de ses crues et de ses courants : autant d’attributs précieux, ailleurs éliminés pour les besoins de la navigation, du développement industriel ou de la protection des rives contre l’érosion et les crues. Ces îles de sables plus ou moins tressées par les courants offrent de très grandes qualités paysagères et environnementales : elles enrichissent les paysages du fleuve en les complexifiant, elles approfondissent les vues, elles diversifient les échelles de perception, elles accrochent la lumière par leur blancheur immaculée, elles prennent des formes douces et allongées presque sensuelles ; en termes d’environnement, leurs bienfaits sont connus : en démultipliant les échanges entre terres et eaux, elles augmentent les possibilités de niches écologiques et, partant, la biodiversité.
Ces ambiances ne se rencontrent pas partout ; à l’échelle de la vallée, il s’agit même de secteurs plutôt rares, largement minoritaires en surface, plutôt difficiles à percevoir. Cette confidentialité de la Loire sauvage s’est accentuée avec son rétrécissement au lit mineur et la raréfaction des paysages de l’eau, associant, outre l’eau, une épaisseur, offerte par les ripisylves et surtout par les pâtures et les prairies de fauche, avec leur cortège d’arbres et de haies.

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