Atlas des paysages
du Loir-et-Cher
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4/ Une simplification des espaces agricoles et forestiers qui tend à uniformiser et appauvrir les paysages


Six exemples d’évolutions des paysages agricoles dans le Loir-et-Cher :


-Une disparition des structures végétales et une uniformisation des cultures

Paysage percheron en voie d'ouverture, où les haies et les bosquets d'arbres deviennent rares
Les dynamiques constatées :

En 1908, les vergers qui entourent le village de Lancé constituent un premier plan valorisant pour le village qui en émerge. Ils constituent une des caractéristiques principales des villages de Gâtine qui s'entourent de prairies et d'arbres fruitiers     En 2009, l'ensemble du village est masqué par des haies persistantes et des arbres dont l'aspect quelconque ne permet plus de le caractériser. Les vergers ont disparu, livrés à l'urbanisation et à l'extension du bourg.
  • Une simplification des espaces exploités par suppression des structures végétales et par extension parcelles et des surfaces cultivées : les agriculteurs, de moins en moins nombreux et généralement à la tête d'exploitations de plus en plus grandes, manquent de temps pour gérer des trames végétales associées à l'espace agricole. Par souci de simplicité et de rentabilité, les haies, arbres isolés et ripisylves ont largement disparu, même dans le Perche.  Les trames végétales subsistantes sont aujourd'hui vieillissantes, et il n'existe que de rares expériences de replantations (trognes, vergers...).

Paysage agricole de la vallée du Loir, dans la plaine de Saint-Firmin-des-Prés, où la place de l'arbre se réduit à une mince ripisylve     Rebord du plateau de Gâtine, rendu monotone par l'uniformité des plantations de vignes
  • une simplification des paysages et des milieux écologiques par l'agriculture intensive : les grandes cultures tendent à occuper indifféremment l'espace, quels que soient les reliefs et les sols, grâce aux progrès en matière de mécanisation et d'intrants, et par la logique des marchés mondiaux et des aides européennes. Elles uniformisent les paysages agricoles en amenant progressivement le Perche, la Gâtine, les vallées et la Beauce à se ressembler. Elles entrainent notamment la disparition du "paysage de l'eau", en occupant la place des prairies humides, des marais, des ripisylves, etc. Ce travers de la production intensive peut concerner également la sylviculture (peupleraies dans la vallée de la Loire ou de la Cisse, enrésinement dans certains secteurs de Grande Sologne), voir la viticulture (dans certains secteurs des coteaux du Cher).

Plantations massives de peupleraies dans le fond de vallée de la Cisse

En 1908, le coteau habité très caractéristique de Trôo est largement visible depuis la rive gauche du Loir.     En 2009, la plantation de peupleraies dans le fond de vallée, et en particulier en pied de coteau, vient fermer la vue sur Trôo depuis Saint-Jacques-des-Guérets.
Une occupation des fonds humides par les peupleraies, notamment dans les trois grandes vallées (Loir, Loire et Cher), dans la vallée de la Cisse et de la Braye.

-Un problème de gestion des coteaux

Coteau enfriché de la Cisse, entrainant la fermeture des points de vue vers Saint-Bohaire
Les dynamiques constatées :

En 1907, le coteau jardiné met en scène le village perché de Coulanges, dans la vallée de la Cisse     En 2009, si la structure foncière semble être restée stable, le paysage a nettement évolué : les jardins d'agréments qui remplacent les jardins potagers productifs conduisent à une fermeture du paysage du coteau et au masquage progressif du
  • Une disparition progressive des paysages des vallées et de certains sites bâtis par boisement progressif des coteaux : les pentes jardinées ou pâturées qui mettent en valeur les sites bâtis perchés en rebord de terrasse, sommet de coteau ou de colline, et qui diversifient les paysages et les milieux des vallées sont souvent difficiles à exploiter et délaissés au profit des fonds plats et des plateaux. Leur abandon a pour effet la fermeture visuelle des coteaux, dissimulant le modelé des reliefs et noyant les silhouettes urbaines dans des masses boisées. C'est notamment le cas de Saint-Bohaire, dans la vallée de la Cisse, et de Sasnières, près du Loir. Ces coteaux contribuent également à l'appauvrissement de la biodiversité, notamment par disparition des pelouses calcaires.

Paysage de coteau simplifié par la grande culture sur les pentes de la confluence du Boulon et du Loir     Vallonnements dont les pentes sont largement dénudées au profit de la grande culture, coteaux de la Braye
  • Une progression des grandes cultures qui descendent des plateaux vers les fonds de vallée : lorsque les pentes des coteaux s'adoucissent, elles sont exploitées à la manière des grandes plaines et des plateaux ; les prairies sont retournées, les structures végétales supprimées, et les parcelles élargies. L'ensemble forme une vague cultivée qui déferle depuis le plateau vers le fond humide des vallées, sans discontinuer. Ce phénomène contribue à l'uniformisation des paysages agricoles et à l'appauvrissement des milieux.

Coteaux doux de la Cisse près de la Réserve Naturelle de Grand Pierre et Vitain, où des expériences de gestion des milieux ouverts par le pâturage ont lieu
  • Des tentatives de gestion encourageantes pour revaloriser les paysages des coteaux : certains coteaux, comme ceux de la Cisse, sont ponctuellement gérer par pâturage dans le but de maintenir des espaces ouverts. L'élevage, de moins en moins présent dans le département, est encore garant de quelques beaux paysages de coteaux, comme dans les vallées des affluents du Loir ou de la Braye, ou sur les coteaux du Cher, aux confins du Berry.

-La raréfaction des paysages ouverts des clairières de Grande Sologne

Clairière en voie de fermeture suite à l'abandon des pratiques agricoles     Fermeture visuelle des grandes propriétés de chasse par des haies de conifères sans rapport avec la diversité et la nature des boisements solognots
Les dynamiques constatées :

Perspective sur un château aujourd'hui devenu presque invisible, caché derrière les arbres
  • Une forte régression des pâtures liées au recul de l'élevage
  • Une fermeture des paysages par boisement
  • Des limites de propriétés de plus en plus marquées (plantation de résineux, clôtures...)
  • La disparition visuelle des châteaux et domaines, qui se protègent visuellement

-Un paysage particulier : la Sologne viticole

Paysage aux multiples facettes, en Sologne viticole
  • Une diversité de production qui perdure et donne un paysage mixte et valorisant 

Des extensions d'urbanisation qui mettent en péril le devenir des parcelles agricoles proches
  • Une multiplication du bâti dans l'espace agricole lié aux exploitations ou à la pression d'urbanisation blésoise qui fragilise la vocation productive des sols

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