Atlas des paysages
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Les sables et argiles de Sologne


Sols sableux de Sologne

Comment expliquer que la Sologne, qui n'est séparée de la riche Beauce céréalière que par la Loire, n'ait pas bénéficié des mêmes limons fertiles mais tout à l'inverse de sols ingrats et pauvres, sableux et argileux, essentiellement favorables à la forêt ?

La Sologne est en fait  une zone d'affaissement de la plate-forme de Beauce. Au Miocène (ère Tertiaire), à la fin de l'Aquitanien (-20 millions d'années), la  Beauce asséchée détermine les grandes orientations du réseau hydrographique et fait converger au sud du Bassin Parisien le réseau de la Loire moyenne, qui est alors un affluent de la Seine. Cette Loire « use » les pentes du vieux Massif Central, et les dépôts détritiques s'accumulent dans la dépression de la Sologne, jusqu'à atteindre des épaisseurs de 300 mètres. Ces dépôts (196 700 ha au total en Loir-et-Cher) sont essentiellement constitués d'argiles et de sables granitiques formant une mosaïque de sols complexes. Les secteurs les plus argileux sont les plus imperméables et s'engorgent facilement en eau. Les secteurs plus sableux peuvent être au contraire beaucoup plus secs. Ce sont ces mêmes sables et argiles qui nappent les sols de la forêt d'Orléans et ceux de la Brenne.

La Sologne viticole, grâce à une grande variété de production, des boisements moins denses et des ondulations ouvertes vers le lointain, offre des paysages que ne connaît pas la Grande Sologne. Pourquoi cette différence, alors que les sols sont constitués également de sables et d'argiles ? Roger Dion propose une explication du phénomène qui place la Loire au cœur du processus :

« C'est par la Loire que les cours d'eau solognots, séniles et incapables de drainer les topographies indécises dont ils sont enveloppés, ont recouvré dans leur cours inférieurs, une vigueur nouvelle qui leur permet de préciser les formes de leur vallée, de façonner des versants, d'appeler plus énergiquement les eaux répandues à la surface des terres avoisinantes et finalement de mettre à nu la surface de calcaire de Beauce cachée sous les sables. En effet, la Loire actuelle, ayant incrusté son lit majeur dans le soubassement de calcaire de Beauce, ne peut plus remanier directement les terrains de la Sologne. Mais elle en poursuit encore l'assainissement et la transformation par l'intermédiaire des érosions régressives qu'elle a provoquées sur le cours de L'Ardoux, du Cosson et du Beuvron. Cette action durera aussi longtemps que les rivières solognotes n'auront pas achevé de raccorder leur profil au niveau de base local représenté par l'étiage de la Loire. Ainsi, dès que le calcaire de Beauce apparaît dans les vallées affluentes, vers Thoury, Bracieux et Cour-Cheverny, la terre de Sologne, drainée désormais jusqu'à sa base, est débarrassée de son excès d'humidité. Dans la région de Huisseau-sur-Cosson et Cellettes, les plateaux voisins du Cosson et du Beuvron ne sont plus que des tables calcaires revêtues de minces couches de sables de Sologne, auquel se substitue bientôt, sans que l'aspect du sol ne change beaucoup, des nappes alluviales anciennes de la Loire. Profondément différent de la Grande Sologne, ce pays de calcaires arides et de sables asséchés est donc l'œuvre d'un jeune cycle d'érosion qui remontant les affluents de la Loire, poursuit l'ablation progressive des sables et argiles miocènes. Ceux-ci reculent peu à peu avec les paysages qui leur sont associés, vers la partie centrale de leur domaine, vers le fond de la dépression structurale où ils conservent encore l'aspect d'une masse continue. Les routes qui, de Blois, gagnent les vallées du Cosson et du Beuvron, traversent, sur un distance de plus de 20 kilomètres, des vignobles et des bois aux sols secs avant d'atteindre, au-delà de Bracieux et de Cour-Cheverny, le pays des étangs et des terres mal égouttées. Les terrains conquis par l'action directe ou indirecte de la Loire, possèdent en effet, un certain nombre de caractères physiques communs qui permettent de les comprendre dans un même ensemble régional : malgré d'inévitables différences entre nappes alluviales ancienne et revêtements miocènes asséchés, tous sont essentiellement formés de sables granitiques étalés par minces couches sur des calcaires perméables, tous offrent à l'agriculture une terre saine et meuble, particulièrement favorable à la vigne et aux cultures légumières. »

Le Val de Loire,
étude de géographie régionale,
R. Dion


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