Atlas des paysages
du Loir-et-Cher
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Le paysage des rivières et des canaux

Les eaux du Loir et du Cher et celles des affluents, comme celles de la Loire, ont généré des formes d'organisation du paysage remarquables, plus ou moins reconnues. 

Bords du Loir jardinés à Saint-Jean-Froidmentel     Jardins de bords de l’eau à Trôo, sur les berges du Loir

Bords du canal de Berry à Villefranche-sur-Cher

Bords de la Grenne jardinés à Mondoubleau

Parcelles jardinées en bords de Cher, Saint-Aignan
Les ripisylves, les pâtures, les prairies humides, bien que raréfiées au cours des dernières décennies, et même disparues sur certaines séquences du Loir et surtout du Cher, constituent le patrimoine paysager « naturel » des rivières. Mais il faut y ajouter les nombreux et remarquables petits jardins qui s’épanouissent à proximité immédiate des rivières, au droit des villes et des villages, profitant de la richesse des terres alluviales et de la proximité immédiate de l’eau pour arroser : ils égayent notamment les bords du Loir à Saint-Jean-Froidmentel, les bords du Canal de Berry à Villefranche-sur-Cher, les bords de la Grenne à Mondoubleau… Ce sont des jardins familiers plutôt que familiaux, riches de légumes et de fruits, amoureusement entretenus, souvent animés par la présence d’animaux domestiques en complément : coqs, poules, pintades, chèvres ou moutons : un patrimoine fragile et sans doute insuffisamment reconnu, préservé et maîtrisé.

Le château de Saint-Aignan est accroché au rebord du coteau, dominant le Cher et la ville

Montrichard, construit à flanc de coteau et coiffé de son ancienne forteresse

Profitant des éperons multiples offerts par les boucles du Loir, des châteaux et donjons y ont fleuri en majesté, magnifiant encore aujourd'hui de leurs silhouettes les horizons de la vallée : châteaux ruinés de Vendôme, de Montoire-sur-le-Loir, de Lavardin. Le Cher, au cours plus régulier, a offert moins de sites défensifs favorables, mais Saint-Aignan, comme Montrichard, sont coiffés en crête d'imposants châteaux qui marquent spectaculairement le paysage de la vallée. 

Village d’Avaray, implanté en pied de coteau sur la rive droite de la Loire
Les sites bâtis des villes et des villages, développés à proximité d’une eau longtemps indispensable pour les déplacements et l’énergie, apparaissent pas moins remarquables et diversifiés : silhouettes de villages perchés comme Thoré-la-Rochette, quais des villes de plaine tels que ceux de Vendôme, longs bourgs étirés en pieds de coteaux d’Avaray ; les cours d’eau conditionnent des modes d’installations dont on remarque toujours la qualité urbaine et architecturale

Minoterie de Saint-Jean-Froidmentel, sur le Loir     Le moulin du Chapitre, à Romorantin-Lanthenay, aujourd’hui reconverti en Musée de Sologne
Si la navigation sur le Loir, très lente et très coûteuse, ne bénéficiant ni de chemins de halage ni d’écluses, a laissé peu de traces dans le paysage, des usines marquent encore certains secteurs, dont celle remarquable de Saint-Jean-Froidmentel, aujourd’hui minoterie encore en activité, posée sur l’eau. Sur la Sauldre, l’ancien moulin de Romorantin-Lanthenay a été converti en Musée de Sologne.

Pertuis du barrage du Port, à Saint-Georges-sur-Cher
Le Cher, long de 410 kilomètres environ, commençait à être flottable depuis Chambonchard et navigable à Vierzon, sur 159 kilomètres. Il est canalisé de Noyers-sur-Cher jusqu’à Tours et est barré de 28 pertuis et portes marinières. On en trouve plusieurs exemples dans le département, comme à Saint-Georges-sur-Cher et Chissay-en-Touraine, mais aussi aux Masselles (commune de Thésée) au Bagneux ou à la Méchinière (commune de Mareuil-sur-Cher).

Pont de pierre de Montrichard, enjambant le Cher
Enfin les ponts représentent souvent un remarquable patrimoine lié à l'eau comme ceux de Montrichard ou de Blois, enjambant de larges rivières, mais aussi les plus petits ponts comme celui de Candé-sur-Beuvron ou de Saint-Aignan. 

Le canal de Berry

Canal de Berry, propice à la promenade près du centre-ville, à Châtillon-sur-Cher     Le canal de Berry  entre Selles-sur-Cher et Villedieu

Pont canal du Canal de Berry enjambant la Sauldre à Châtillon-sur-Cher
Jusqu'à Noyers-sur-Cher, le Cher est escorté sur sa rive droite par le canal du Berry. Précisément implanté pour suivre les courbes de niveau, il dessine des paysages soignés faits de perspectives d'eau, par endroits de perspectives larges sur la vallée du Cher, mais aussi de promenades, de patrimoine construit, de jardins et de formes urbaines qui se sont adaptés à sa présence. Long de 323 kilomètres, il a été construit entre 1808 et 1840 pour acheminer les richesses houillères des contreforts d'Auvergne vers les exploitations de minerais de fer situées dans les plaines. Il joint ainsi les bassins houillers de l'Allier à partir de Montluçon, au canal latéral et à la vallée du Cher en direction de la basse Loire. Le choix par Joseph-Michel Dutens, son concepteur, d'un petit gabarit (9,50 m de large pour 1,50 m de mouillage) lui a été dicté par la faiblesse des ressources en eau de la région de Sancoins, où se trouve le point culminant du canal. 

« Berrichon » tiré par un âne – Canal de Berry – carte postale
Ce petit gabarit a entraîné de fait la conception de bateaux spécialement adaptés à ce canal, les "berrichons" ou « flûtes berrichonnes », aux dimensions maximales de 27,50 m x 2,60 m, et pouvant porter 60 tonnes dans le canal de Berry, et 100 tonnes sur les autres canaux. Comme tous les canaux construits au XIXe siècle, le destin du canal du Berry a été cruel, très vite concurrencé par le train, en l’occurrence le chemin de fer de Bourges à Montluçon, inauguré en 1860. Les dimensions modestes du canal composent aujourd’hui un paysage de canal familier, dont les bords sont faciles d’appropriation pour la pêche ou la promenade, adapté à l’échelle du coteau et des maisons qui l’accompagnent.

Le canal de la Sauldre, ou canal de Blancafort 

Canal de Blancafort – vue vers l’ouest – Pierrefitte-sur-Sauldre     Canal de Blancafort – vue vers l’est – Pierrefitte-sur-Sauldre
A l’est de Lamotte-Beuvron, le discret canal de la Sauldre a connu un destin plus tragique encore. Engagés de 1848 à 1868, les travaux de construction furent abandonnés après le creusement de 12 kilomètres entre Le Coudray et Nouan-le-Fuzelier, faute de crédits. Sur les conseils du Comité Central de Sologne, le gouvernement de la Troisième République reprit les travaux. Le canal court aujord’hui sur 46,810 kilomètres, joignant Blancafort dans le Cher, à Lamotte-Beuvron. Mais il n’est relié à aucun réseau fluvial et son parcours est trop restreint pour faciliter efficacement les échanges. Il a été déclassé en 1926, constituant aujourd’hui une belle pièce du patrimoine hydraulique du département.

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