Atlas des paysages
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Les paysages des plateaux


Les vastes plateaux ouverts aux vents motivent la plantation de végétal aux abords des villages – Josnes

Avec la Beauce, la Sologne et la Gâtine Tourangelle, les surfaces aplanies des plateaux couvrent pas moins des deux tiers de la superficie départementale ; entre ces grands ensembles de paysages aplanis, c'est plutôt l'occupation des sols, spectaculairement contrastée, qui va générer les variations de paysage, avec la Sologne boisée, la Beauce cultivée et la Gâtine, cultivée et piquée de bois.

L'agriculture révèle en majesté la planéité du plateau de Beauce, étiré à 115 m d'altitude en moyenne : ici plus qu'ailleurs le paysage est fait de ciels vastes et de silhouettes : celles du village et de son clocher, de la ferme, du château d'eau, du silo surtout et, depuis peu, des éoliennes. Dans cet océan céréalier, l'absence de reliefs protecteurs a obligé les hommes à composer un habitat particulier, notamment pour s'abriter des vents qui balayent sans obstacle les étendues ouvertes : les villages apparaissent compacts, les rues tortueuses pour éviter les effets de couloirs à vent, les fermes peu ouvertes sur l'extérieur, presque austères, parfois magnifiques de dépouillement et de simplicité « cubistes », tournées sur une cour intérieure. Autour des villages, des bouquets d'arbres, des jardins, améliorent encore la protection.


La Cisse, dont la vallée ne représente qu’un léger pli à  l’amont - Pontijou
Mais le plateau de Beauce n'est pas plat. Il ondule de façon ample grâce à des vallons secs, notamment sur ses marges lorsque les affluents viennent épisodiquement alimenter le Loir ou la Loire. Parmi ces vallons, celui de la Cisse surprend en naissant loin au cœur du plateau. C'est la coquetterie de la Beauce Blésoise. D'abord pli imperceptible, il s'affirme en se rapprochant progressivement de la Loire, se creuse et s'élargit jusqu'à former un vallon où l'agriculture lâche prise, laissant se développer de précieux milieux riches de biodiversité, à la fois secs et calcicoles sur les flancs, humides et alimentés par des résurgences de la nappe phréatique dans les fonds. L'ensemble est protégé par la réserve naturelle de Grand-Pierre et Vitain. Plus à l'aval encore, en se rapprochant de la forêt de Blois, le vallon devient vallée, avec ses coteaux et son fond aplani cultivé et fertile, jusqu'à déboucher dans le synclinal de la vallée de la Loire. Un monde à part, entre val de Loire, Beauce et Gâtine Tourangelle, s'organise ainsi jusqu'à  Chouzy-sur-Cisse.

Les vastes étendues cultivées de la Gâtine Tourangelle - les Michelinières, Saint-Cyr-du-Gault     Ondulation du plateau de la Gâtine Tourangelle - Santenay
La Gâtine Tourangelle ne se différencie pas de la Beauce par son relief, également étiré en plateau. C'est plutôt la présence de boisements épars qui établit une différence ; additionnés les uns aux autres sur ces reliefs étirés où la vue porte loin, ils finissent par composer un horizon boisé au paysage, faisant de la Gâtine une sorte de clairière apparente.

La Sologne ouvrant de grandes clairières planes au sein de la forêt – Marcilly-en-Gault     Les prairies ourlées d’une élégante lisière forestière – Neung-sur-Beuvron

Le plateau de Sologne, à peine moins élevé que la Beauce en altitude, est en fait une cuvette remplie de sables et d'argiles. Dans ces sols tendres et partiellement imperméables, l'eau est très présente mais a peu creusé. Les trois vallées principales que sont le Cosson, le Beuvron et la Sauldre restent peu profondes, mais les 20 à 30 m de dénivelé suffisent à dégager des vues depuis leurs rebords, et à créer des ambiances particulières au fil de l'eau. Les trois cours d'eau ne sont pas pressés de rejoindre la Loire ou le Cher, courant dans la longueur du plateau jusqu'à l'aval de Blois (pour le Cosson et le Beuvron) et de Romorantin-Lanthenay (pour la Sauldre). Leurs innombrables micro-affluents drainent en douceur le plateau, révélés sur les cartes par les chapelets d'étangs qui se succèdent en ligne, creusés dans les discrètes inflexions de terrain qu'ils forment.

Là encore, ce n'est pas le relief, sensiblement équivalent, qui permet de distinguer la Sologne viticole de la Grande Sologne. On verra dans les autres chapitres que les sols, liés à l'eau, sont bien davantage explicatifs de leur différenciation de mise en valeur, entre la forêt et les étangs d'un côté, et la vigne, les cultures et le maraîchage de l'autre. Ce sont également les sols qui expliqueront principalement pourquoi les paysages de la Sologne viticole cèdent la place à ceux des gâtines des confins de la Touraine autour de Pontlevoy. Les reliefs jouent peu pour différencier des deux paysages. Mais un œil attentif permet de percevoir le plateau particulièrement aplani de Pontlevoy, qui s'infléchit légèrement vers l'est, à partir de Sambin ou de Choussy, lorsque naissent dans ses flancs les premiers micro-affluents qui vont drainer les sols de Sologne.


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